Conçues dans le but d’éduquer le jeune dauphin, les fables écrites par Jean de La Fontaine ont été apprises par des générations d’enfants. Peuplés d’animaux attachants ou méprisables, philosophes ou inconscients, cruels ou attendrissants, ces récits sont le reflet de la société du XVIIème siècle. Cependant, le talent du fabuliste fut en fait de donner vie à des traits de personnalité qui ont su traverser les siècles tout en gardant leur fraîcheur. Ces lapins, ces tortues, ces loups sont devenus au fil des temps des images incontournables, des références au point même que les morales des fables sont aujourd’hui des proverbes. Il est tout naturel alors que ces fables soient intégrées à l’iconographie populaire. Par conséquent, toutes les faïenceries vont consacrer une partie de leur production aux écrits de La Fontaine, les célèbres émaux de Longwy vont s’inspirer de son œuvre pour leur création … Et bien sûr, l’imagerie d’Epinal va diffuser largement ce thème. Cependant, avant toute chose, les fables de la Fontaine sont un livre. Et qui dit livre, qui plus est pour enfants, sous-entend illustration. De grands artistes, tels Rabier ou Grandville entre autre, ont laissé libre cours à leur imagination, proposant des ouvrages d’une grande beauté. Outre l’aspect enfantin dû à la présence d’animaux, il est intéressant de comprendre les sources d’inspiration de Jean de la Fontaine, tant dans la littérature que dans la société et donc le contexte dans lequel ces poèmes ont été écrits, mais aussi de quelle façon ils ont pu être appris et compris, et ce grâce aux différents manuels scolaires.